Réussir l'ESH le jour des concours

Voilà, c'est le grand jour, cela fait deux ou trois ans que tu prépares ce concours, il est temps pour toi de tout donner ! Avant d'y aller tête baissée, voici quelques dernières choses que tu devrais savoir en plus pour bien réussir en épreuve de dissertation d'ESH :

  • Tu as dix minutes pour convaincre et c’est une vraie opportunité.
  • C’est une question d’idées, pas de chiffres : ton correcteur va lire ton introduction (2 minutes), ta conclusion (1 minute), passer en revue les 3-4 premières phrases de ta première, deuxième, troisième partie (1min 30) et parcourir ta copie rapidement pour être sûr de ne rien manquer et voir si quelque chose titille son intérêt (1 à 2 minutes). Trois traces au stylo rouge, un chiffre sur 20. Suivant !
  • N’axe pas trop ta dissertation sur des problèmes économiques, sans mise en perspective historique au risque d’être sanctionné par les jurys. Il faut vraiment avoir ce mouvement de va-et-vient entre histoire économique et mécanismes. Il faut être capable d’analyser un problème économique en balayant l’histoire, mais aussi au regard des grands mécanismes et théories qui régissent l‘économie.
  • Précisions selon les écoles :
    • HEC : sujets plus historiques que théoriques en règle générale.
    • Essec & ESCP : sujets souvent plus théoriques.
  • Imprègne-toi rapidement des rapports du jury pour savoir ce que les correcteurs attendent le jour J.
  • Investis beaucoup de temps à apprendre à construire une dissertation : c’est sûrement le plus important. Élaborer une bonne introduction et apprendre à bien problématiser ton sujet est capital.  Apprendre comment dérouler tes idées (idem).  Comment se poser les bonnes questions durant l’analyse du sujet? Comment faire une intro, une transition, une conclusion ? Ce sont aussi des sujets importants. Mais la priorité reste ton plan. 
  • Tu dois être efficace et original dans le corps de ta dissertation : structure argument, exemple (théorique ou historique ou les deux), l’un étant enrichi par l’autre fonctionne très bien. Varie bien les auteurs invoqués, j’avais jusqu’à 30-50 auteurs par copie parfois (ne pas non plus faire de name dropping sans analyse).
  • On ne cesse de répéter ce conseil, mais c'est parce qu'il marche : Il est indispensable de s’entraîner une fois par semaine sur un sujet.
    Il s'agit d'abord d'analyser le sujet, puis d'en faire un plan détaillé et une intro. Tu peux ensuite demander à ton professeur de te corriger. Cela fait partie des exercices que nous faisons avec les candidats que nous accompagnons tous les ans.  

1 – L’ANALYSE DU SUJET

Lisez l'énoncé attentivement. Ne lisez pas ce que vous avez envie de lire. Il est classique de vouloir se rassurer et de commencer à traiter le sujet sans prendre le temps de réfléchir. C'est une façon très dangereuse de se rassurer : tu as énormément de chances de faire un hors-sujet !  Analyse, avant même  de penser à des auteurs ou à un plan. 

1) Analyser les termes du sujet.

Comme dis juste au-dessus, il faut lire et étudier avec soin l’énoncé. Vous devez soumettre à un examen rigoureux tous les termes présents dans le libellé du sujet, chaque mot compte. Toute erreur à cette étape cruciale se paie cher par la suite. Les termes les plus simples doivent vous arrêter et vous forcer à vous interroger avec beaucoup d’humilité : faites comme si vous ne saviez rien. Si vous faites ce travail, vous ne confondrez pas « l’automobile en France » avec « l’industrie automobile en France » ; « la population active aux États-Unis » avec « l’emploi aux États-Unis ». Analysez d'abord les termes de façons indépendante, puis en les associant. 

2) Percevoir le champ du sujet.

Il faut traiter rien que le sujet, mais tout le sujet. Le hors-sujet est la pire des erreurs. La fréquence de ce type d’accident montre que l’on ne passe jamais assez de temps à analyser et à délimiter le sujet dès le départ. Les conséquences sont terribles, les notes d'un H.S ne peuvent pas aller au-delà du 6. 

Exemple 1 : « La résolution des crises majeures du capitalisme au 20 siècle » : pour ce sujet, les causes des crises et leur déroulement est hors sujet.

Avec quel autre sujet ne faut-il pas le confondre ? Une méthode consiste, au brouillon, à modifier légèrement l’énoncé et voir les effets sur-le-champ du sujet. Comparer les sujets entre eux est d’ailleurs une excellente façon de vérifier la validité de vôtre réflexion. Demandez-vous quels sont les sujets proches du votre dont le libellé est légèrement différent. Les connaissances à utiliser seront certes voisines, mais pas totalement interchangeables et surtout l’approche sera profondément modifiée.

Exemple 2 : « Le rôle de l’inflation dans le processus de croissance. »

Le thème sur le lequel porte le sujet est l’inflation. Mais l’instruction précise est d’étudier l’impact de l’inflation sur la croissance économique. Il faut donc, du début à la fin du devoir, étudier l’inflation dans son rapport avec la croissance. On voit ici que la causalité est définie par le sujet (rôle de l’inflation sur la croissance et non l’inverse) ce qui ne serait pas le cas si le sujet était « Inflation et croissance » (possibilité d’examiner l’impact d’une forte croissance sur le processus inflationniste).

Exemple 3 :« La France est-elle encore une puissance industrielle ? »

Ce sujet incite à une double comparaison :

-  la France d’aujourd’hui par rapport à la France d’hier
-  la France par rapport au reste du Monde

Sauf indication contraire, le champ géographique est le monde entier, ce qui inclut les PED et les pays socialistes.

Sauf indication contraire, le champ historique remonte à la révolution industrielle. Si le verbe du sujet est au présent, et si le thème s’y prête, il faudra privilégier la situation actuelle.

3) Comprendre la consigne du sujet.

Le sujet est rarement une question de cours (sauf en khôlle où cela peut arriver, mais plutôt en première année). Faire un copier-coller à partir du cours ne vous permettra pas d’obtenir une bonne note. Il faut comprendre la consigne de travail. Généralement, on se trouve devant 5 grands types de sujets :

  • Ceux qui demandent d’analyser. Ils commencent souvent par un verbe tel que « analyser », « expliquer » « montrer », « vous réfléchirez à » ; parfois par un adverbe « pourquoi », « en quoi », « comment » ou « quelle est le rôle de ». L’accent est mis sur l’étude des mécanismes explicatifs. Attention à ne pas glisser du positif (ce qui est vrai ou faux) au normatif (ce qui est bon ou mauvais).

Exemple : Pourquoi l’économie de marché ne peut-elle se passer de l’intervention de l’État

  • Ceux qui demandent de discuter : ils commencent par « faut-il », « dans quelle mesure », « jusqu’à quel point » ou contiennent une interrogation « est-il », « doit-on », « peut-on affirmer», etc. Il faut examiner une thèse de façon contradictoire. Cela induit souvent un plan en termes d’opposition « oui... mais... » mais le manichéisme est à éviter.

Exemple : L’économie de marché peut-elle se passer de l’intervention de l’Etat ?

  • Ceux qui ne comportent aucune question. Il faut alors trouver un fil directeur. Il s’agit souvent des sujets les plus difficiles à traiter.

Exemple : L’évolution des consommations individuelles et collectives depuis 1945.

  • Ceux qui demandent de comparer : il faut comparer les termes du sujet en parallèle, tout au long du développement.

Exemple : Comparez la crise des années 1930 et celle des années 1970.

  • Ceux qui demandent d’étudier le lien entre deux phénomènes : il faut étudier les liens réciproques.

Exemple : Inflation et croissance.

Ensuite votre travail consiste à rassembler vos idées.

2 - LA MOBILISATION DES CONNAISSANCES

Après l'analyse et avant de faire votre plan, vous devez retrouver vos idées, vos connaissances qui sont en rapport avec le sujet. Recensez au brouillon tous les éléments qui se rapportent au sujet. Ne vous inquiétez pas, vous savez nécessairement des choses. Il est impossible de se trouver totalement « sec » sur un thème. Il existe une méthode qui permet de faciliter ce travail de recherche d’idées : il s’agit de commenter le sujet sous plusieurs angles d’approche.

 Prenons à titre illustratif le thème des retraites.

- les différents aspects de la question : économique (poids des cotisations retraite sur le coût salarial, impact économique de la consommation des seniors, transferts intergénérationnels), social (niveau de vie relatif des retraités par rapport aux jeunes et aux actifs), politique (poids électoral des retraités), financier (déficit de l’assurance vieillesse).

- les points de vue des différents partenaires concernés par la question (syndicats, patronat, État, consommateurs...).

- l’espace : la question se présente-t-elle différemment en France et à l’étranger (fonds de pension anglo-saxons), dans les PDEM et les PED (les enfants y jouent souvent le rôle d’assurance vieillesse), les pays capitalistes et les pays socialistes (pas de fonds de capitalisation).

- la chronologie : la question s’est-elle toujours posée de la même façon ? (cf. l’augmentation de l’espérance de vie et le vieillissement de la population)

- l’enchaînement explicatif : causes, manifestations, conséquences

- les oppositions : aspects positifs et négatifs

- les théories et auteurs que l’on peut citer (Sauvy, Easterlin, Modigliani, Pineira, etc.)

Enfin, en amont dans ton cours, nous te conseillons de structurer la pensée de ton professeur en blocs réutilisables, à la manière de pièces de lego. Cela fait ensuite gagner un temps fou dès qu'il s'agit de concevoir un plan, tout en permettant de prendre du recul sur ce que tu apprends. Évidemment, toutes nos dissertations sont structurées de cette manière ! Maintenant, il ne te reste plus qu'à faire un super plan et une belle intro. 😎

On espère que ce petit article était utile, comme tu le vois, rien d'impossible. Il s'agit surtout de ne pas aller trop vite. 😉

Etienne & William. 

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